Envie... de partager

Je me souviens de la première fois que nous avons parlé de ce qui allait devenir Beyond Croissant, avec Sarah-Lou. Elle revenait tout juste de Corée, je travaillais à sauver le monde des hommes chez l’entreprise du même nom, on se retrouvait pour un café chez elle.

Comme souvent, elle cuisinait, ce jour-là pour des Américaines de passage, elle s’affairait dans tous les sens et râlait contre son four (ou ses plaques ? je ne sais plus), je lui racontais mes journées à faire mille choses différentes auprès de jeunes startupers.

Puis doucement, elle m’a tendu une perche, m’expliquant qu’elle ne se voyait pas non plus suivre la voie « cabinet d’avocats », et qu’après avoir voulu monter son salon de thé (notre précédente discussion, quelques mois auparavant), elle se demandait s’il n’y aurait pas un moyen de rapprocher les gens du monde, tout simplement, autour d’un repas. Je lui proposais de l’aider à construire une étude de marché, voire à l’aider un peu sur la partie financière.

Trois semaines plus tard, nous commencions à y travailler ensemble, quelques jours encore plus tard, j’étais à temps plein sur ce qui s'appelait encore « projet F ».

C’était il y a presque un an.

En juillet 2012, un ami nous parlait des Cotuesday, nous disant que nous devrions y aller, nous autres fondatrices d’un concept de consommation collaborative.

De… quoi donc ? Oui, l’expression est juste mocheConsommateur de la seconde guerre mondiale à vue de nez, rien compris, de quoi parle-t-on, et pourquoi nous en parle-t-on ?

Je vois que l’équipe de covoiturage (devenu Blablacar) en est partenaire, ah, une ampoule s’allume dans ma tête, ok, l’idée, c’est de partager des trucs dont on n’optimise pas nécessairement l’utilisation.

« Economie du partage », c’est quand même vachement plus joli, même si ça sonne un peu bisounours. Mais quel rapport avec nous?

Nous voici donc embarquées, la petite blonde, la petite brune, à notre premier Cotuesday, allons voir ça de plus près. A l’entrée, on nous badge, en nous demandant ce qu’on partage : notre logement ? nos véhicules ? nos repas ? Ah, nos repas, oui, on est bien parties pour. Ampoule interne allumée – épisode 2.

L’équipe de Colunching est là aussi. Un peu comme nous (ou nous un peu comme eux si on raisonne par antériorité), ils réunissent des inconnus autour d’une table : eux, c’est au restaurant. D’ailleurs, là, c’est dans un bar.

Nous découvrons aussi CitizenCar, qui permet de partager ou louer sa voiture entre amis, voisins, collègues, et au-delà, Morning Croissant (la grosse blague, je rêve toujours d’un partenariat les gars, ce serait marrant), Sejourning, ou encore Unishared. Et très vite, nous nous sentons appartenir à cette communauté. Parce que nous sommes tous de jeunes  entrepreneurs, déjà, mais aussi parce que nos façons d’envisager les relations avec nos utilisateurs et surtout les relations de nos utilisateurs entre eux sont au cœur de nos démarches.

Depuis ce Cotuesday, nous sommes devenues partenaires (aaah, quelle fierté de voir apparaître pour la première fois notre logo sur cette page), et nous y allons chaque mois.

Entre temps, j’ai découvert OuiShare, ses groupes Facebook hyperactifs comme je les aime, leur blog animé de très belle manière (aaaah, quelle fierté, la publication de mon premier billet sur ce blog). 

Je ne retrouve dans tout cela rien de mes a priori du début – comme quoi, dépasser les clichés, c’est devenu un mode de vie. Rien de l’écolo relou, de l’utopie de supermarché, ou du militantisme aveugle. Je découvre juste chaque jour de très belles idées, chacun tentant un peu de changer le monde à sa manière.

Prenez Wimdu, qui permet de réserver un logement chez un particulier partout dans le monde, ou de gagner de l’argent en louant votre propre logement. Prenez Mes bonnes copines, qui permet de s’échanger des coups de pouce. Prenez La Machine du Voisin, qui permet d’utiliser le lave-linge d’un particulier proche de chez soi plutôt que d’aller à la laverie. Prenez aussi ce qui permet d’avoir un bout d’ici là-bas ou un bout de là-bas ici, et tout ce qui permet, finalement, d’être ensemble plutôt que chacun derrière son Caddie.

Je me souviens aussi de la première fois que nous sommes allées à un événement OuiShare, qui était co-organisé avec Kiss Kiss Bank Bank*. Et Sarah-Lou qui me glisse à l’oreille « je sens qu’on est en train d’assister à quelque chose de spécial… tu te rends compte qu’on pourra dire qu’on y était. ».

Oui, le monde change, et cher FoodFellow,  tu ne le sais peut-être pas, mais quoi que tu partages (ne serait-ce que plus que tes repas), tu fais déjà partie de ce changement.

Plutôt cool, non ?

Aurel (texte)

Sarah-Lou (instagram)

* Oui, ce n’est pas pour rien que nous avons choisi cette plateforme pour notre premier financement participatif :-) - même si nous aurions nécessairement préféré une tontine, mais c’est tout comme, finalement. 

Date de publication: 

Lundi, Mars 11, 2013 - 12:00